Les tattoos polynésiens : le langage de la peau
Le photographe italien Gian Paolo Barbieri a maintenant 70 ans, et une belle collection de travaux remarquables à son actif, tout particulièrement ses collaborations avec l'éditeur Taschen pour les livres Madagascar, Equator et Tahiti Tattoos, un formidable hommage aux tattoos polynésiens publié en 1998.
Tout a commencé il y a un peu plus de dix ans, quand le magazine Vogue a envoyé Gian Paolo Barbieri à Tahiti pour y effectuer un reportage photo. Là-bas, il a découvert le langage mystérieux des tatouages polynésiens. Puisque les Polynésiens n'avaient pas d'écrits dans leur culture, ils ont utilisé cet art plein de signes distinctifs pour exprimer leur identité et leur personnalité. Comme Paul Valéry l'a dit un jour, ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est sa peau. Les tatouages ont pu indiquer une position dans une société hiérarchique, une maturité sexuelle, la généalogie... La quasi-totalité de la population était ainsi tatouée dans la Polynésie ancienne. [lire la suite de cet article]
Les tatouages dans le monde occidental d'aujourd'hui trouvent leurs origines en Polynésie, et dans la découverte des tatau par des explorateurs du XVIIIème siècle. Les pratiques polynésiennes devinrent populaires parmi les navigateurs européens, avant de se répandre dans les sociétés occidentales en général. Et bien que les missionnaires les proscrivirent peu après leur arrivée en 1797, l'Ancien Testament les interdisant strictement, l'art du tatouage polynésien a connu une véritable renaissance ces trente dernières années.
Comme nous le savons tous aujourd'hui, dans leurs évolutions et leurs variations, les tattoos glorifient aussi la splendeur de rugbymen originaires des îles pacifiques (rappelez-vous par exemple de Sonny Bill Williams), et de modèles comme Ashley Stymest et Joey Kirchner. Mais les images que nous vous proposons ici expriment un aspect différent de ce langage de la peau, plus proche de ses origines ;-)











